L'Univers violent
Kumiko Kotera est devenue, au début de l'année 2025, la première femme à diriger l'Institut d'astrophysique de Paris. Une étape remarquable dans une carrière brillante, dont elle nous déroule ici le fil avec toute l'énergie et toute la verve qui la caractérise (on ne sera pas étonné qu'elle ait confié au Monde avoir voulu être écrivaine avant de s'orienter vers la science). Son domaine de prédilection ? Les événements extrêmes de l'Univers, qu'elle passe son temps à modéliser pour en prédire les conséquences. Loin d'être aussi paisible que ce que l'on peut en percevoir à l'oeil nu, l'Univers est, en effet, rempli d'explosions retentissantes, de jets de matière fulgurants, de flashs lumineux ultrapuissants, etc. Faut-il avoir peur de ces violents soubresauts ? Pas du tout, nous rassure la chercheuse, qui décrypte pour nous, avec beaucoup de pédagogie, le fonctionnement de ces phénomènes, ainsi que les progrès technologiques qui rendent possible leur étude « multisensorielle ». Car oui, aujourd'hui nous sommes non seulement en mesure de voir, mais aussi d'entendre la fusion de deux étoiles à neutrons (« le restant des plus petites étoiles de l'Univers ») - la première fois, ce fut le 17 août 2017 (« une longue complainte grave de plus de 30 secondes, se terminant dans les aiguës »). Ou des explosions d'étoiles géantes en supernovae. Ou encore des rayons cosmiques jaillissant à des niveaux d'énergie dix millions de fois plus élevés que ceux que peuvent atteindre les particules accélérées dans l'instrument de science le plus monumental construit par les humains, le Grand collisionneur de hadrons, en Suisse. L'Univers est tumultueux. Le récit de Kumiko Kotera lui, nous tient en haleine.


