"DÉFENDRE LA RECHERCHE, C'EST DÉFENDRE LA DÉMOCRATIE"
Face aux attaques de plus en plus nombreuses dont elle est la cible dans le débat public, la communauté scientifique réagit. Au coeur de cette dynamique, la publication d'un rapport, en octobre 2025, sur la liberté académique, réalisé à la demande de France Universités, l'association regroupant présidents d'université et dirigeants d'établissements de l'enseignement supérieur. Son autrice, Stéphanie Balme, sinologue, directrice du Ceri et spécialiste de diplomatie scientifique à Sciences Po Paris, y souligne la nécessité de mieux garantir en droit la liberté académique, pointant le retard de la France en la matière.
La Recherche • De quoi parle-t-on précisément quand on parle de liberté académique?
Stéphanie Balme • On peut peut-être commencer par expliquer ce que la liberté académique n'est pas. Elle ne se réduit pas à une simple liberté professionnelle, au sens contractuel du terme. Un collègue américain le dit souvent: «Academic freedom is not just a job . Si on la réduit à cela, on passe à côté de l'essentiel: ce n'est pas seulement une garantie liée à un emploi, c'est une notion chargée d'histoire, qui a une dimension collective, citoyenne et une portée démocratique.


