Peut-on fiabiliser les systèmes informatisés ?
Les systèmes informatisés des infrastructures critiques - aviation, ferroviaire, énergie ou spatial - sont exposés à des perturbations matérielles aléatoires, mais aussi à des erreurs de conception logicielle difficiles à anticiper. Redondance des calculateurs, codes correcteurs d'erreurs, tests ou démonstrations mathématiques : la fiabilité du numérique repose sur un empilement de protections dont les limites apparaissent parfois dans des situations inattendues. Un rappel du fait que, même dans les systèmes les plus critiques, la sûreté repose sur des compromis techniques, jamais sur des garanties absolues.
Le 30 octobre 2025, un Airbus A320 de la compagnie JetBlue volant près de la Floride descend brusquement durant quelques secondes sans que cela corresponde à une commande des pilotes. L'enquête est encore en cours, mais on penche pour un dysfonctionnement électronique dû aux rayonnements cosmiques. Plus généralement, ce type d'incident pose la question de la manière dont on se prémunit des pannes informatiques. L'espace est parcouru de particules chargées - les rayons cosmiques - qui, en frappant l'atmosphère, génèrent des gerbes de particules secondaires susceptibles de perturber l'électronique. Leur flux augmente avec l'altitude : les avions de ligne, à environ dix kilomètres, y sont bien plus exposés que les installations au sol ; hors du champ magnétique terrestre, dans l'espace, les rayonnements sont encore plus intenses.


